Trouver sa place ou habiter sa place ?

La question de la place est un thème qui revient fréquemment chez les personnes que j'accompagne, plus particulièrement chez les femmes.

« Je n'arrive pas à trouver ma place »,

« Je ne me sens à ma place nulle part »,

sont les phrases que j'entends le plus souvent.

Quand je demande à ces femmes de m'en dire plus, elles évoquent souvent une souffrance récurrente qui remonte à l'adolescence, voire plus jeune encore. La sensation de n'être bien nulle part peut se manifester très tôt dans l'existence. Et pour certaines femmes, la question de trouver sa place se pose depuis 10, 20, 30, 40 ans.

Dans la grande majorité des cas, ces personnes se sont épuisées à chercher leur place. D’abord au sein même de leur famille, à l’école, dans des activités extrascolaires. Puis, plus tard, dans leur milieu professionnel, au sein de la famille d’un conjoint ou encore en adhérant à des associations…

Et chaque tentative infructueuse rendait la démarche plus urgente encore et la souffrance plus grande.

Pour ces femmes, cela devient une quête existentielle qui dure depuis si longtemps qu'elles en oublient de regarder en elles-mêmes.

Car le plus gros piège de cette quête, c'est de chercher sa place à l'extérieur de soi, de croire que « sa place » est un lieu, quelque part, ou l’on se sentirait parfaitement bien : intégrée, incluse, sereine et épanouie.

Parfois, cette recherche est passive en ce sens que l'on attend des autres qu'ils nous laissent de la place comme s'ils pouvaient deviner que notre souffrance se trouve à cet endroit, comme s'ils avaient le pouvoir de nous donner cette place.

Parfois, la recherche est active et l'on se met dans l'idée de « prendre » sa place comme s'il fallait se lancer dans un parcours héroïque pour gagner cette place de haute lutte.

Tant d'énergie et de temps dépensés pour un résultat peu satisfaisant. Car même si cette démarche peut porter ses fruits, ça ne peut être que temporaire. Tôt ou tard, quelque chose ou quelqu'un viendra faire voler en éclats cette place dans laquelle nous avions mis tant d'espoir de nous sentir enfin au « bon » endroit.

Parce que la plupart du temps, ce que l'on ne vous dit pas, c'est qu'il n'y a rien à chercher car il n'y a rien à trouver !

Eh non, il n'y a rien à trouver.

Chercher sa place est une histoire que nous raconte notre mental. Une quête vouée à l'échec et à l'insatisfaction.

La seule façon de sortir de cette illusion est de réaliser que nous sommes à notre place à chaque instant et que l'invitation est de regarder en soi.

Car je le répète, il n'y a rien à chercher. Nous sommes déjà à notre place, là où nous sommes, tels que nous sommes. La seule chose que nous ayons à faire est d'habiter notre place. Etre pleinement là, les 2 pieds bien ancrés au sol.

C'est uniquement dans cet espace de présence consciente que nous pouvons être totalement nous-mêmes.

Mais comment habiter sa place vous demandez-vous peut-être ?

En mettant de la conscience sur l’instant présent,

En revenant aux sensations corporelles plutôt que d’écouter tout ce qui nous traverse au niveau de notre mental,

En goûtant la joie d’être ici et maintenant, tout simplement.

Là est notre place et rien ni personne ne peut nous empêcher de l’habiter. Nous y avons accès en permanence.

Alors pourquoi continuer à chercher à l’extérieur ?